
Points clés de la 2e édition du Blue Economy and Finance Forum
Monaco
Événements
Les jeudi 28 et vendredi 29 mai, la 2e édition du Blue Economy and Finance Forum (BEFF) s’est tenue à Monaco, réunissant des voix de premier plan issues de la finance, de l’assurance, du secteur privé, de l’innovation, de la science, des politiques publiques et des organisations internationales, afin d’accélérer la transition vers une économie bleue régénératrice et durable.
Placée sous la Présidence de S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, et coorganisée par l’Institut océanographique de Monaco, la Fondation Prince Albert II de Monaco et le Gouvernement Princier, cette édition a confirmé le rôle du Forum comme plateforme internationale majeure pour mobiliser les capitaux, passer les solutions à l’échelle et transformer l’ambition en faveur de l’Océan en actions investissables.
S’appuyant sur l’élan de sa première édition, qui avait démontré que l’Océan avait sa place dans les bilans financiers, l’édition 2026 avait pour ambition de montrer que les solutions existent déjà et sont opérationnelles. Grâce à une forte participation d’acteurs de haut niveau issus du secteur privé, le Forum a mis en lumière des preuves concrètes que l’investissement positif pour l’Océan peut fonctionner, tout en contribuant à poser les bases du BEFF comme rendez-vous annuel incontournable pour la communauté de l’économie bleue et de la finance.
L’édition 2026 a rassemblé des représentants de 47 nationalités, avec 60 % des participants issus du secteur privé et 23 % représentant des investisseurs institutionnels, des fonds de capital-risque et de capital-investissement. À travers 20 sessions, incluant des événements parallèles, et les contributions de 56 intervenants de haut niveau, les participants ont exploré les moyens de débloquer des financements à grande échelle, d’accélérer l’innovation et de soutenir le développement d’une économie océanique régénératrice.
Cette édition s’est articulée autour de plusieurs grands thèmes, notamment :
Le déblocage des financements en faveur de l’Océan, avec des discussions allant au-delà de la question de savoir si l’économie bleue est investissable, pour se concentrer sur les moyens de la financer à grande échelle. Les participants ont exploré comment intégrer la nature comme moteur de flux financiers dans les instruments financiers existants, combler le déficit annuel de financement de l’Océan et repenser les règles de la prise de décision financière ;
La transformation de l’industrie maritime, avec des discussions soulignant la nécessité de combiner l’adaptation des actifs existants et le déploiement d’innovations à grande échelle, de la propulsion vélique, la technologie de lubrification par air des coques, les revêtements à faible friction et le routage assisté par intelligence artificielle, aux biocarburants et aux sources d’énergie alternatives. Les participants ont également souligné le rôle central des ports comme leviers essentiels de la décarbonation et d’une gestion plus responsable de l’Océan ;
Le développement d’une alimentation bleue durable, avec des intervenants rappelant que l’aquaculture durable doit se développer de manière significative pour répondre à la future demande en protéines, tout en s’accompagnant de garanties environnementales renforcées, en particulier concernant la production d’aliments pour l’aquaculture. Les discussions ont également mis en avant l’importance de la transparence pour renforcer la confiance des consommateurs, la contribution de la pêche artisanale à la sécurité alimentaire dans les pays du Sud, ainsi que le potentiel croissant des algues comme classe d’actifs crédible et de plus en plus rentable ;
Le soutien à l’innovation prête à l’investissement, le Forum ayant mis en avant des entreprises à travers des sessions de pitch et un espace innovation. Des entrepreneurs ont présenté des solutions évolutives dans les domaines des données et de l’intelligence océaniques, de la restauration et de la protection, de la pêche et de l’aquaculture durables, du transport maritime et du yachting verts, ainsi que des solutions à la pollution plastique ;
La mobilisation des capitaux pour la mise en œuvre, avec un fort accent mis sur la réorientation des flux financiers, la réduction des risques liés aux investissements océaniques et la création des conditions financières nécessaires pour accélérer la transition vers une économie bleue durable. Parmi les annonces majeures, Amundi et Crédit Agricole ont annoncé la création d’une ligne d’activité entièrement dédiée au capital naturel au cours des trois prochaines années, avec pour objectif de rendre les projets de préservation et de restauration investissables.
Comme l’a déclaré Romain Ciarlet, vice-président et CEOl de la Fondation Prince Albert II de Monaco :
« Nous constatons aujourd’hui une mobilisation croissante des investisseurs, une innovation technologique rapide, un consensus scientifique sans précédent et une compréhension beaucoup plus claire du fait qu’investir dans l’Océan n’est pas seulement nécessaire d’un point de vue environnemental, mais aussi de plus en plus pertinent d’un point de vue économique et stratégique.
C’est peut-être le message le plus important de ce Forum. Les solutions existent. Les capitaux existent. L’innovation existe. Le défi est désormais celui du passage à l’échelle. L’échelle de l’ambition. L’échelle de la collaboration. Et l’échelle de l’exécution. »
Robert Calcagno, directeur général de l’Institut Océanographique de Monaco, a également souligné le rôle stratégique du Forum :
« Alors que ce Blue Economy and Finance Forum touche à sa fin, un message s’impose clairement : opposer “développement économique” et “protection de l’Océan” n’a plus de sens. C’est précisément cette conviction qui a présidé à la création du BEFF. […] Ce soir s’achèvent trois jours de discussions et de travail collectif, à travers deux événements qui forment un continuum stratégique. Tandis que la Monaco Blue Initiative vise à contribuer à façonner le cadre de gouvernance de haut niveau, le BEFF entend agir comme le moteur opérationnel permettant de transformer ce cadre en actions investissables. Une chose est certaine : il est temps d’entrer dans une nouvelle phase, celle de la mise en œuvre ; celle de l’accélération. »
Le Blue Economy and Finance Forum est un événement organisé par l’Institut
Océanographique de Monaco, la Fondation Prince Albert II de Monaco
et le Gouvernement Princier, avec le soutien de Crédit Agricole
Corporate & Investment Banking, CFM Indosuez Wealth Management, SBM
Offshore et Velamar.
@Philippe Fitte BEFF