Entretien avec Didier Toubia - 21/05/2020

Didier Toubia, Biologiste et Fondateur d'Aleph Farms

 

Je suis Didier Toubia, je suis né et j’ai grandi à Paris, en France,  
et je suis le père de trois merveilleux enfants pour qui je ferais tout mon possible afin de leur offrir un avenir prometteur.  

Et j'aime la bonne nourriture ! J'ai la chance d'être le co-fondateur d'Aleph Farms, pionnier de la viande cultivée, où nous nous efforçons de garantir un accès absolu à une alimentation délicieuse, sûre et saine pour tout le monde, quel que soit le moment ou le lieu 

Au cours de ces derniers mois, notre relation avec notre planète a été mise à l'épreuve. Chacun d'entre nous a eu l'occasion unique de saisir ce moment et entamer une réflexion 

J'aimerais vous faire part de trois réflexions sur cette période difficile.  

La première concerne l'humilité. Au cours des dernières décennies, l'espèce humaine est devenue de plus en plus forte et intelligente. En conséquence, nous nous sommes sentis tout-puissants et sommes devenus arrogants : nous pensions que notre science nous permettait de contrôler la nature. Lorsque la crise du COVID-19 sera terminée, nous pourrions choisir de revenir à notre ancienne normalité et d'attendre la prochaine crise : nous en avons eu quelques-unes dans notre passé récent : grippe aviaire, SRAS, incendies de forêt et bien d'autres. 

Nous pourrions aussi, et nous devrions, être humbles et écouter.  
Écouter la nature qui nous dit "stop".  En tant que biologiste, j'ai appris que les espèces qui se développent au fil du temps ne sont pas les plus fortes, ni même les plus intelligentes. Ce sont celles qui peuvent s'adapter, celles qui sont à l'écoute de leur environnement et qui s'adaptent aux changements. Nous sommes confrontés à l'un de ces moments uniques où l'homme doit évoluer pour préserver un avenir meilleur. Cela demande de l'humilité 

La prochaine idée que je voudrais partager concerne la mondialisation. Après cette crise, nous devrions reconstruire un écosystème global qui repose sur les communautés et les cultures locales. Lorsque nous nous connectons à nos racines, nous acquérons la confiance nécessaire pour nous ouvrir aux différentes cultures, ce qui nous permet d'établir une économie mondiale cohérente et forte. La collaboration internationale est mieux assurée lorsque l'on se réconcilie avec les différences de son voisin. Le nouveau mondial sera local.  

Mon troisième point concerne la mise en place d'un système alimentaire résilient pour tous. La durabilité est bien sûr une question de préservation de notre environnement naturel et de lutte contre le changement climatique. Mais il s'agit aussi d'assurer la prospérité des agriculteurs, la solidité de la chaîne d'approvisionnement, la sécurité alimentaire, et de garantir des régimes alimentaires durables.  

Pour atteindre ces objectifs, nous devons revenir à des modes de production plus locaux et traditionnels, respectueux de la planète, des animaux et des agriculteurs. Ensuite, nous devons mettre en œuvre des innovations qui sont en harmonie avec la nature, telles que l'agriculture cellulaire, afin de combler le fossé entre les méthodes moins productives et une demande mondiale croissante.  

Il y a une urgence pour le long terme. 

La planète Terre est notre seul habitat Il n'y a pas de planète B.  
Le temps est venu
 de préserver notre maison.