Lancement d’une étude sur la biodiversité marine du littoral méditerranéen suite à l’arrêt des activités humaines. - 03/06/2020

©Laurent Ballesta, Andromède océanologie - Gombessa 5

Depuis Avril 2020, l’équipe d’Andromède Océanologie a débuté une nouvelle mission scientifique en Méditerranée. Ce projet, d’une durée de deux ans, permettra de référencer et d’étudier, grâce à des prélèvements d’ADN environnemental (ADNe) et à des mesures bioacoustiques, l’état de référence de la biodiversité dans les eaux côtières de la Méditerranée française.

Cette étude, réunissant biologistes marins et universitaires, est menée par Andromède Océanologie, l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, le laboratoire Spygen, la société Chorus, l’UMR MARBEC et l’Université de Montpellier avec le soutien de la Fondation Prince Albert II de Monaco

Le printemps 2020 offre des conditions exceptionnelles en lien avec la pandémie du coronavirus (covid-19) et au confinement de la population. La fréquentation humaine du littoral est à un niveau minimum car les activités touristiques et sportives sont interdites, et l’activité de pêche, notamment artisanale, est fortement réduite. Cette situation sans précédent permettra d’établir les références d’indicateurs sur les sites anthropisés (ports et points forts identifiés dans le réseau IMPACT), les aires marines protégées (AMPs) et la zone mésophotique (50- 100 m). Les valeurs de ces indicateurs seront comparées à celles des années 2018 et 2019 pour lesquelles des suivis en ADNe sur ce littoral méditerranéen avaient été réalisés, notamment dans le cadre de l’expédition scientifique Gombessa 5.

La dégradation des zones côtières est l'un des plus graves problèmes de biodiversité auxquels nous sommes confrontés. La plupart des sociétés humaines sont installées à proximité du littoral, et encore aujourd’hui 44 % de la population mondiale se concentre à moins de 150 km de la côte (Atlas des Océans des Nations Unies). La destruction des habitats, la surpêche, le changement climatique et l’introduction d’espèces exotiques sont autant de menaces pour les écosystèmes marins côtiers.

Objectifs de l’étude :

1. Réaliser un échantillonnage de l’ADN environnemental par filtration d’eau pour y explorer la biodiversité en vertébrés (poissons osseux et cartilagineux, mammifères marins) en situation de confinement ou en début de période de déconfinement de la population humaine. Seront concernés 182 échantillons sur des sites côtiers méditerranéens le long d’un gradient d’impact humain (ports, stations de référence, AMPs, zone mésophotique).

2. Poser des hydrophones afin d’évaluer la Biophonie sur les mêmes stations de référence que l’ADN environnemental.

3. Compléter la base de référence pour les vertébrés marins de Méditerranée sur la partie 12S du génome afin de mieux assigner les fragments d’ADN environnemental à des espèces.

4. Mettre au point, évaluer l’état de référence et tester des indicateurs de l’état de santé des masses d’eau côtières.

5. Rédiger un guide méthodologique pour les méthodes ADNe et le calcul des indicateurs. Ce projet scientifique recensera la diversité des vertébrés qui pourraient se rapprocher du littoral et remonter des profondeurs dans ce contexte exceptionnel de pressions (pêche, nuisances sonores, etc..) très faibles.

©Laurent Ballesta, Andromède océanologie - Gombessa
Site d échantillonnage